Search

L'expertise à la puissance 3

UN SYSTÈME QUI SUBIT DES PRESSIONS

Chaque année, les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada dépensent plus de 250 milliards de dollars en soins de santé (Institut canadien d’information sur la santé [ICIS], 2018). Selon les données de l’ICIS, les dépenses en soins de santé représenteraient plus de 35 % des budgets annuels des provinces et des territoires (ICIS, 2018).

À mesure que la population canadienne vieillit, ces dépenses ne feront qu’augmenter au cours de la prochaine décennie. L’augmentation de l’espérance de vie combinée à une baisse des taux de fertilité contribuent au vieillissement de la population partout dans le monde (Organisation mondiale de la santé, 2015). Le vieillissement de la population s’accompagne de taux plus élevés de maladies chroniques (Harris et Shannon, 2008). Les modèles économiques prévoient que les coûts des soins de santé augmenteront de 1 % par année entre 2010 et 2036 en raison du seul vieillissement de la population (Mackenzie et Rachlis, 2010).

Une personne sur quatre au Canada fera partie de la population des aînés d’ici 2036. – Statistique Canada, 2018

LA PRESSION EXERCÉE SUR LES DIRIGEANTS DU SECTEUR DE LA SANTÉ

En vue d’optimiser la valeur de chaque dollar dépensé, les organisations de soins de santé partout au pays composent avec des contraintes financières importantes tout en s’efforçant d’offrir des soins de grande qualité aux patients. Les administrateurs sont constamment à la recherche de moyens d’optimiser leurs ressources humaines et financières par le biais de décisions cliniques fondées sur des données probantes et de produits et services efficients. La pression d’atteindre un maximum d’efficacité est encore plus forte en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, où le financement des soins de santé est lié au nombre de patients vus et d’interventions effectuées.


Les administrateurs sont également chargés de répondre à la demande croissante en matière de services. En raison du manque de lits dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée, les patients sont contraints à de longues attentes. L’une des stratégies visant à réduire les coûts des soins de santé et à libérer des lits dans les établissements de soins de courte durée consiste à transférer des patients des hôpitaux aux milieux communautaires (Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé, 2018). Cela a également pour effet d’obliger les services de soins à domicile de répondre à la demande et de contrôler les dépenses à leur tour.


En matière de politiques, les gouvernements sont confrontés au défi peu enviable d’offrir des soins de grande qualité tout en assurant la viabilité du système. Ils visent l’obtention de rapports publics favorables, des accès optimaux pour les patients, une transition optimale de ces derniers, de faibles taux de réadmission dans les hôpitaux, et des budgets équilibrés.


L’AIDE APPORTÉE PAR LES INFIRMIÈRES SPÉCIALISÉES EN PLAIES, STOMIES ET CONTINENCE

La prise en charge efficace des plaies, des stomies et des problèmes de continence nécessite des soins spécialisés. Les coûts liés au traitement de ces affections, communes à tous les milieux de soins de santé canadiens, peuvent être élevés. À elles seules, les plaies résultant d’un traumatisme, d’une intervention chirurgicale ou de symptômes de nombreuses affections courantes et chroniques, coûtent environ 3,9 milliards de dollars par année, soit 3 % des dépenses annuelles totales du Canada en soins de santé (Wound Care Alliance, 2012).

On ne connaît pas le nombre exact de patients vivant avec des plaies aiguës et chroniques au Canada, car il n’existe pas de base de données nationale précise à cet effet. D’après la prévalence, ce nombre est élevé et augmente avec le vieillissement de la population. On sait toutefois qu’environ 70 000 personnes vivent avec une stomie au Canada, et que des milliers d’autres subissent chaque année une forme quelconque de chirurgie entrainant la création d’un type de stomie, y compris la colostomie, l’iléostomie ou l’urostomie (Société canadienne des personnes stomisées, s. d.). Les personnes stomisées subissent souvent des complications importantes qui nécessitent une prise en charge et un traitement approfondis allant au-delà de la chirurgie modificatrice initiale, ce qui augmente le stress du patient et les coûts de soins déjà considérables.

À eux seuls, les soins de plaies au Canada coûtent 3,9 milliards de dollars par année, soit 3 % des dépenses annuelles totales en soins de santé. – Wound Care Alliance, 2012

L’incontinence est une affection très répandue qui implique une fuite accidentelle d’urine ou de matières fécales. On la considère souvent à tort comme une conséquence naturelle du vieillissement. Plus d’un million de cas d’incontinence (urinaire ou fécale) ont été dénombrés au Canada, et on estime que le nombre réel avoisinerait 3,5 millions, soit presque 10 % de la population canadienne (Taylor et Cahill, 2018). L’incontinence est également l’une des principales raisons citées pour justifier l’admission dans les établissements de soins de longue durée. L’excès d’humidité et les bactéries associées aux problèmes d’incontinence peuvent contribuer à la dermatite et à d’autres problèmes de peau, augmentant ainsi les besoins en matière de soins et la dépendance envers le système de santé. La plupart des personnes aux prises avec des problèmes de continence n’ont pas accès à des stratégies de gestion proactive. De plus, les coûts des produits collecteurs corporels et des cathéters urinaires sont élevés et continueront d’augmenter à mesure que la population canadienne vieillit et que les taux de maladies chroniques augmentent.


À mesure que la population canadienne vieillit, les plaies, les stomies et les problèmes de continence seront d’importants facteurs déterminants au plan des besoins et des dépenses en matière de soins. Pour les administrateurs, le défi sera de combler ces besoins par des soins efficaces et rentables. Une infirmière ayant une triple spécialisation, par opposition à une infirmière non spécialisée œuvrant en médecine générale, offre un avantage unique permettant aux organisations de soins de santé de relever ce défi.


Les Infirmières spécialisées en plaies, stomies et continence (ISPSC) sont des infirmières spécialement formées pour élaborer et mettre en œuvre des plans de soins rigoureux et fondés sur des données probantes pour les patients aux prises avec une plaie, une stomie ou des problèmes de continence. Les ISPSC améliorent l’efficacité et à la rentabilité des soins grâce à leur :

  • Leadership au sein des équipes de soins interdisciplinaires, en mettant de l’avant des pratiques de pointe fondées sur des données probantes et des plans de soins efficients pour soigner les plaies, les stomies et les problèmes de continence.

  • Utilisation d’approches novatrices et spécialisées pour guider l’évaluation, le traitement et la prise en charge de plaies, de stomies et de problèmes de continence.

  • Éducation des patients et de leur famille afin d’améliorer l’engagement envers l’auto-gestion des soins de qualité.

  • Contribution à la recherche, y compris aux lignes directrices et aux politiques, aux produits et aux priorités d’actions à envisager.

La combinaison de ces pratiques mène à des soins de meilleure qualité, à des coûts moindres et à l’amélioration de l’état de santé des patients.



23 views0 comments

Recent Posts

See All